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JUSTIN KOUTABA: « Le CDP connait les mêmes turbulences que les grands partis d’Europe »

Ancien ministre de la Jeunesse et de l’Emploi du gouvernement de Tertius Zongo, il a été nommé comme ambassadeur a Abidjan (Côte d’voire), à la faveur du conseil des ministres du mercredi 3 août 2011. Plus d’un an après sa prise de fonction, nous avons rencontré Justin Koutaba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, en marge de la réunion de travail interministérielle sur le Traité d’amitié et de coopération en la Côte d’Voire et le Burkina Faso, tenu le 25 avril dernier, à Bobo-Dioulasso. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, ce maître de conférences et enseignant dans la faculté de philosophie aborde ses nouvelles fonctions, son avenir politique, la question des Burkinabè morts dans la crise post-électorale en Côte d’Voire, la percée de l’UPC, la création du sénat, l’article 37 et bien d’autres sujets d’intérêts.

Lisez plutôt !

 

 

Le Quotidien : Excellence, depuis votre nomination en tant qu’ambassadeur du Burkina Faso à Abidjan, il y a pratiquement deux ans, vous avez disparu des ‘’écrans radars’’.  Comment vous portez-vous ?


Justin Koutaba : Quand on sert son pays, on est censé le faire et à l’intérieur et à l’extérieur. On est aussi censé accepter les missions. C’est ainsi qu’effectivement, il y a presque deux ans déjà, le président du Faso nous a accordé une grande confiance en nous envoyant comme ambassadeur en Côte d’Ivoire. Ma mission en tant qu’ambassadeur, c’est de travailler à consolider les relations qui existent entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ; c’est de protéger les biens et les personnes, notamment les Burkinabè, notre communauté qui est très forte en Côte d’Ivoire. C’est à cette tâche très noble que nous consacrons notre temps et notre  énergie.

 

Justin Koutaba, ambassadeur

du Burkina Faso en Côte d'Ivoire

Vous sortez à peine d’une rencontre de travail qui a réuni les ministres ivoirien et  burkinabè des Affaires étrangères ainsi que des diplomates des deux pays. Quels en ont été les grandes décisions ?

C’est une réunion préparatoire des ministres des Affaires étrangères du Burkina et de la Côte d’Ivoire, dans le cadre du Traité d’amitié et de coopération qui lie les deux pays. Cette réunion avait comme objectif de faire le point de la mise en œuvre du Traité d’amitié et de coopération, de proposer un certain nombre de protocoles d’accord entre les deux pays, d’analyser les questions prioritaires telles que la question de la construction de l’autoroute Ouagadougou-Yamoussoukro, le chemin de fer et l’approvisionnement en énergie du Burkina Faso. Il y a aussi d’autres questions non moins importantes telles que la fluidité du transport, la libre circulation des biens et des personnes entre les deux corridors, et bien d’autres questions qui intéressent la vie et les relations entre les deux pays. C’est une réunion très importante à même de permettre la prochaine tenue de la conférence au sommet des chefs d’Etat qui devrait se tenir, en Côte d’ivoire, dans le courant de l’année 2013.

 

Votre mission première est de protéger les ressortissants burkinabè en Côte d’Ivoire, mais aussi de rendre meilleures leurs conditions de séjour. Lors de la crise ivoirienne, notamment celle post-électorale, de nombreux Burkinabè ont été pris pour cibles et plusieurs d’entre eux ont malheureusement trouvé la mort. Qu(est-ce qui est fait pour que la lumière soit faite sur ces crimes ?

En effet, lors de la crise post-électorale, des milliers de personnes, toutes nationalités confondues, ont perdu la vie. Beaucoup de gens ont perdu leurs biens. Plus de trois cent cinquante (350) Burkinabè ont trouvé la mort. A ce jour, un dossier complet a été fait aussi bien au niveau de l’ambassade que des autorités du Burkina Faso, puis soumis à la commission mise en place par les autorités ivoiriennes en charge de la réconciliation (Commission dialogue, vérité et réconciliation, ndlr). Nous suivons très rigoureusement le dossier de façon à ce que l’indemnisation des victimes qui est prévue dans le cadre des dispositions de cette commission soit effective.

 

Pouvez-vous nous dire à quel niveau se trouve ce dossier, à l’heure actuelle?

Le dossier a été déposé au niveau de la commission en charge de la réconciliation mise en place par les autorités ivoiriennes. La commission de réconciliation travaille sur ce dossier et va certainement le soumettre aux autorités ivoiriennes afin d’indemniser toutes les victimes, de façon à favoriser le retour de la paix, pour que justice soit rendue aux uns et aux autres et que les victimes ainsi que les ayants-droit puissent effectivement être indemnisés, parce que les torts seraient réparés.

 

Avez-vous personnellement rencontré les victimes ou éventuellement leurs parents de sorte à leur donner de plus amples informations ou à les rassurer sur ce que vous…

Le travail qui a été fait, dans la continuité des activités de l’ambassade, a été d’abord de rechercher les victimes, de les identifier, de quantifier les pertes en vie humaine, les pertes sur le plan des biens et du matériel. Ensuite, nous avons élaboré un dossier consistant, cohérant et l’avons soumis aux autorités ivoiriennes de façon à défendre et à protéger les intérêts des uns et des autres, notamment les victimes burkinabè.

 

Depuis plusieurs années, les Burkinabè ont cotisé pour l’érection d’une ambassade, ‘’la maison du Burkina’’ comme on l’appelait. Récemment, il nous est parvenu que cet argent a été détourné. Avez-vous entrepris des démarches pour savoir où cet argent est rentré ?

La construction d’une maison du Burkina en Côte d’Ivoire, notamment à Abidjan, est un vieux et grand projet des autorités du Burkina Faso. Nos compatriotes ont pris l’initiative de contribuer au financement de la construction de la maison du Burkina Faso. Un terrain a été octroyé par les autorités ivoiriennes à cet effet. A l’heure où je vous parle, ce projet est en voie d’être réalisé. Très bientôt, dans le courant 2013, nous pensons que le chantier de la construction de la maison du Burkina en Côte d’Ivoire va être ouvert au bonheur de notre communauté, de tous ceux qui ont fait des efforts pour contribuer au financement de la construction de cette maison, prévue pour être un immeuble R + 15. Les conditions, en ce moment, sont réunies. En plus des contributions des Burkinabè, l’Etat burkinabè, lui-même, a fait un effort. Nous travaillons avec des partenaires et pensons que très bientôt, les Burkinabè et la communauté burkinabè en Côte d’ivoire se réjouiront de voir le démarrage de la construction de cette maison qu’ils attendent depuis fort longtemps.

 

Pouvons-nous en savoir davantage sur le détournement de cet argent ?  

Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’écouter de rumeur, mais d’aller vers la réalisation de la maison du Burkina. Travailler, est une option réaliste et réelle pour la construction de cette maison. Ecouter les rumeurs, c’est une voie qui ne mène pas au même résultat.

 

En clair, aucun sou n’a été détourné ?

Je dis bien que les Burkinabè ont contribué au financement de la construction de la maison du Burkina. Cet argent, qui naturellement ne suffit pas aujourd’hui à construire le bâtiment R+15, se voit consolider par les efforts de l’Etat en vue de l’érection de cette maison qui va abriter l’ambassade, le consulat et bien d’autres services relatifs aux besoins de la communauté.

 

Malgré les efforts faits de part et d’autres, l’on se rend compte que les voyageurs, notamment les Burkinabè se rendant en Côte d’Ivoire, font l’objet de rackets et de tracasseries persistants au corridor ivoirien. Qu’est-ce qui est fait dans le sens de l’abolissement de ces pratiques ?

Je vous rappelais que lors de cette réunion préparatoire, la question de la fluidité du trafic a été un des points d’échanges entre les deux ministres des Affaires étrangères. La libre circulation des biens et des personnes n’est pas une réalité et dans les pays membres de la CEDEAO, et entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Il existe toujours beaucoup de tracasseries, d’obstacles, d’embûches qui peuvent être déclinés sous formes de rackets, de contrôles informels, de demandes de pièces parfois non justifiées. Le Traité d’amitié et de coopération prévoit, dans ses dispositions, la mise en œuvre d’accords et la mise en œuvre d’un certain nombre de dispositions qui vont permettre une meilleure fluidité du trafic entre les deux pays et qui vont résorber, le plus possible ; les obstacles à la libre circulation des personnes et des biens.

 

Bien qu’étant en Côte d’Ivoire, vous avez certainement suivi les élections couplées législatives et municipales du 2 décembre dernier qui ont révélé l’Union pour le progrès et le changement de Zéphirin Diabré. Un commentaire ?

Je pense que les élections législatives et communales qui se sont déroulées en décembre ont montré un visage positif de l’état et du processus de la démocratie dans notre pays. Elles ont mis en relief la liberté d’association et la liberté d’activités politiques. Les électeurs se sont exprimés par rapport aux éligibles et chaque parti politique a pu récolter et apprécier les résultats qu’il a obtenu, et a pu évaluer ses forces réelles sur le terrain et sur l’espace politique. Il faut saluer notamment et surtout l’esprit, le calme, la tolérance qui ont caractérisé ces élections et souhaiter que ce qui unit les Burkinabè soit toujours plus grand et plus fort que ce qui les divise. Il faut travailler aussi de façon à ce que la classe politique, à travers les consultations électorales, continue dans la maturité à être préoccupée par les intérêts majeurs de notre peuple. Dans cette bataille électorale qui a été marquée par le fair-play, par une certaine sérénité, il y a eu effectivement la percée de nouveaux partis dans l’espace politique. Cela s’apprécie à différents niveaux. Il y a eu la consolidation, en considérant le nombre d’élus obtenus par certains partis, la prépondérance de leur place dans l’espace politique. Il y a eu aussi  des partis politiques qui se sont perdus dans les illusions.

 

A quels partis faites-vous allusion ?

Il y a des partis qui croyaient qu’ils allaient rafler  beaucoup de maires, beaucoup de communes et finalement la montagne a accouché d’une souris. A la limite même, elle n’a rien accouché. Mais, en politique, c’est ainsi. C’est un début, il y a un travail de sensibilisation et de conquête de l’électorat à faire. Donc, on peut les encourager. Mais, si c’est sur le plan des résultats, chaque parti est à mesure de reconnaître ses forces et ses insuffisances, la petitesse ou la grandeur de sa place dans l’espace politique.


Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a laissé des plumes dans ces élections, notamment dans les législatives. Cette contreperformance n’est-elle pas due à la mise à l’écart de certains cadors du parti ?

Les résultats sont clairs. Le CDP reste le plus grand parti du Burkina. Notre parti reste majoritaire à l’Assemblée et le plus apprécié par les populations quand, on s’en tient aux résultats, au nombre de députés, de maires, de communes qui sont aujourd’hui sous la gestion du CDP. Mais, cela ne veut pas dire que le CDP, comme tout parti politique, ne connait pas des insuffisances ou des problèmes internes, susceptibles de compromettre parfois ses forces. C’est aussi pour lui des occasions, en tant que parti politique, d’évaluer ses forces, de corriger les insuffisances en vue de continuer à conquérir ou à conserver le pouvoir d’Etat. Mêmes les petits partis connaissent des difficultés internes, n’en parlons pas des grands qui regroupent beaucoup de cadres, beaucoup de compétences. La gestion des hommes est la chose la moins évidente et effectivement des dissensions peuvent en naître. Alors, il faut travailler à les minimiser et à les amenuiser le maximum possible de façon à ce que le parti rayonne toujours et remporte des victoires.

 

Vous confirmez donc que la mise à l’écart de ces personnes a eu un impact sur les résultats ?

Au CDP, tout le monde a sa place. Les dispositions sont telles que les uns et les autres, à un moment donné, passent le relais à d’autres personnes disposant de beaucoup de militants et de compétences. Le CDP a adopté un certain mécanisme de changements internes qui ne doit pas être interprété comme des mises à l’écart ou une marginalisation, mais qui doit permettre à chacun des militants, qu’il soit à la direction du parti ou militant de base, de pouvoir toujours servir les causes et défendre les intérêts du parti. Je ne pense pas que les gens prennent cela comme étant une mise à l’écart ou une exclusion du parti. Toutes les compétences du CDP sont toujours là et donnent la force à ce grand parti qui, jusqu’à preuve du contraire, est le plus grand parti.  

 

Il y a un déchirement au sein du CDP au sujet de la mairie de l’arrondissement N°4. N’est-ce pas le début d’un déclin ?

Non ! Comme je l’ai dit, la gestion d’un grand parti comme le CDP n’est pas une chose évidente. Les élections sont des occasions de compétitions qui posent toujours de petites difficultés dans la gestion des hommes et des militants du parti. Le CDP est aussi un parti où la discipline est de rigueur. Il a des textes, un règlement intérieur que chacun doit, à son niveau, s’il veut que le parti reste au niveau où il est, respecter. Mais, de plus en plus, chaque Burkinabè veut être responsabilisé. Chacun veut être un conseiller, un maire. Or, à l’intérieur des partis, ce qui doit prévaloir, c’est la discipline et les textes, de façon à ne pas permettre injustement une échelle anarchique de cette responsabilisation. Pour ce qui se passe dans l’arrondissement N°4, n’étant pas au Burkina, j’avoue que je n’ai pas une saisie exacte de la situation. Mais, je crois savoir que le CDP fera prévaloir les textes règlementaires et les mesures disciplinaires à ce niveau.

 

Ne pensez-vous pas que cela soit révélateur d’un certain malaise qui persiste au sein du parti ?

Je vous ai dit que le CDP est un grand parti. Ce n’est pas un petit parti avec dix, quinze, cent militants faciles à gérer et qu’on connait tous. Même dans les vieilles démocraties, dans les démocraties occidentales, les grands partis connaissent des difficultés de gestion des hommes. Les grands partis en Europe connaissent des problèmes de compétitions internes. Au Burkina, le CDP est un grand parti qui connait les mêmes turbulences. Mais, il faut les gérer en fonction des textes existants. Naturellement, ces textes sont appelés à  être relus en permanence pour les adapter, les conformer aux réalités. Ne croyez pas que la vie dans un grand parti est un long fleuve tranquille. Non ! Ce serait vraiment se faire des illusions. Il faut l’accepter ! C’est la vie quotidienne d’un grand parti qui appelle à une gestion des hommes de façon équitable et, notamment, en fonction des textes qui régissent la vie de ce parti. Ce n’est pas plus compliqué que ça !

 

2015, c’est dans deux ans. La question de l’article 37 a récemment resurgit dans les débats, d’aucuns proposant la voie du referendum comme solution. Qu’en pensez-vous ?

Les élections présidentielles ont eu lieu en 2010. Les prochaines élections auront effectivement lieu en 2015. Nous sommes en 2013. A mon sens, ce qui préoccupe le président du Faso et le gouvernement, c’est le travail, la mise en œuvre du programme pour lequel le président a été plébiscité en 2010. La bataille est une bataille des résultats de ce programme, le travail de la mise en œuvre de la phase susceptible de permettre le développement de notre pays, l’émergence souhaité par les Burkinabè. En clair, il me semble que cette question de l’article 37 et des débats qui se font autour traduit une fois de plus la liberté de s’exprimer, le niveau de la démocratie, des libertés d’opinion dans notre pays. Maintenant, nous ne devons pas non plus oublier les fondamentaux de la démocratie, notamment le fait que ce ne sont ni les individus, ni les associations qui s’expriment pour ou contre, ou qui décident ; c’est le peuple souverain, à travers des mécanismes constitutionnels et institutionnels bien précis. En temps opportun, il appartiendra à tous ceux qui sont candidats de s’exprimer sur leur volonté d’être candidat et il appartiendra au peuple souverain du Burkina de décider qui il veut pour présider à sa destinée. En tout état de cause, personne ne peut parler à la place du peuple souverain. Personne ne peut empêcher chaque citoyen électeur et éligible de jouir de ses droits de citoyen. Je crois que si on veut la démocratie, on accepte alors de respecter les règles qui la régissent et cela sans restriction  et sans exclusion.

 

Un mot sur la création du sénat

Le sénat est aujourd’hui mentionné dans notre constitution. Il a été retenu par le CCRP (Conseil consultatif sur les réformes politiques, ndlr). Il vient consolider la démocratie dans notre pays ; ce que tout le monde souhaite. Je ne pense pas qu’il y ait un Burkinabè qui refuse que la démocratie soit consolidée.

 

Mais, est-ce opportun ? D’autant que nous sommes dans un contexte marqué par des difficultés financières ?

Qu’il y ait un sénat ou non, que ce soit un parlement bicaméral ou non, la démocratie coûte cher. Il n’y a pas de prix quand il faut parler de la liberté et des libertés fondamentales en démocratie. En tout état de cause, c’est une critique qui vaut son pesant d’or. Quant aux dispositions budgétaires qu’il faut prendre, l’Etat avisera.

 

Votre avenir politique…

Mon avenir est un avenir professionnel. D’origine et de vocation, je suis enseignant de l’université de Ouagadougou. Mais, qu’on soit à l’université de Ouagadougou ou ailleurs, l’essentiel est d’avoir le sentiment de satisfaction de servir son pays. Qu’on soit dans le domaine politique ou dans le domaine de la production, l’essentiel est de savoir qu’on travail pour son pays. Notre avenir va dans le sens du respect et de l’acceptation de toute mission à nous confiée et qui va dans le sens du service du pays et de la nation.

 

Y a-t-il un point que vous auriez voulu aborder ?

Non ! Je pense que nous avons abordé toutes les questions. Compte tenu de l’état de fatigue, je vous avais demandé de poser moins de questions. Mais, vous n’avez pas abusé. Vous nous avez donné l’opportunité de nous exprimer sur un certain nombre de points pertinents qui intéressent la vie de notre pays, le contenu et la vie de notre mission en Côte d’Ivoire. Je pense que cela en valait la peine. Je voudrais saisir l’opportunité que vous m’offrez pour encourager votre journal pour le travail d’information, de sensibilisation et d’éducation que vous faites, pour le travail de qualité et d’abnégation que vous effectuez. L’un dans l’autre, que chacun là où il est, travaille pour le bonheur du développement, du rayonnement du Burkina Faso, que chacun travaille pour cet amour qu’il a pour notre pays et travaille pour le bien de ce pays. Je saisi l’occasion pour vous féliciter et vous encourager.!

 

Interview réalisée par Philippe Bouélé BATIONO



01/05/2013
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