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ELECTION ET INVESTITURE D’ANATOLE BONKOUNGOU: Une invite à réétudier la question des candidatures indépendantes !

Après plusieurs mois de tractations, voire de tensions, le maire de l’arrondissement N° 4 de la ville de Ouagadougou, Issa Anatole Bonkoungou, élu le 6 mars 2013, a été officiellement installé dans ses fonctions, le jeudi 2 mai dernier. Il y a lieu de se féliciter pour ce qui concerne le déroulement de cette investiture qui, il y a lieu de le souligner, s’est déroulée sans aucun heurts et ce, malgré toutes les menaces et rumeurs de menaces qui ont circulé ça et là. Et le dispositif ultra sécuritaire mis en place lors de cette cérémonie –présence de la compagnie républicaine de sécurité (CRS), de la brigade anti-criminalité (BAC), de la police municipale et de la gendarmerie- n’a fait que confirmé à quel point ces menaces ont été prises au sérieux.

Au-delà de l’investiture d’Issa Anatole Bonkoungou, il faut y voir la victoire de la démocratie. Car, ce dernier ayant été démocratiquement élu par la majorité des citoyens des secteurs 17, 18, 19 et 20 constituant l’arrondissement 4. Et la mobilisation des populations à l’occasion de cette investiture est illustrative à plus d’un titre. Or, entre Anatole Bonkoungou et son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), les relations ne sont plus au beau fixe. C’est d’ailleurs ce qui explique que la décision du nouvel édile de l’arrondissement n° 4 de se présenter a été qualifié ‘’d’acte d’indiscipline’’ par l’état major du parti qui avait d’ailleurs tout tenté –ou presque- pour l’amener à renoncer à son élection. Mais, ce qui s’est passé le jeudi dernier avec le soutien de l’électorat qui n’a pas hésité à outrepasser les prescriptions des premiers responsables de leur parti, donne l’impression que les individus mobilisent souvent plus que les partis politiques eux-mêmes.

Dans un contexte où la tendance est à l’imposition des candidats, pour la plupart impopulaires, la prise des responsabilités s’avère souvent nécessaire. Et le cas d’Anatole Bonkoungou est là pour le confirmer. Cette situation pose la problématique même de la désignation des candidats au sein des différents partis politiques, lors d’élections. Car, il ne faut pas avoir peur de le dire, les accointances et autres familiarités l’emportent le plus souvent sur la valeur, la popularité et la capacité de mobilisation des potentiels candidats.

Dans un tel contexte, ne serait-il pas judicieux de recourir aux primaires afin de départager les candidats à la candidature à l’interne ? Ou tout simplement de permettre aux électeurs d’avoir leur mot à dire dans le choix des personnes ?

Vox populi, vox dei, dit-on ! Alors, si tant est que les citoyens et électeurs constituent un maillon essentiel dans tout processus démocratique, pourquoi ne pas lui laisser la possibilité de choisir ses dirigeants, notamment ses maires ? Autant de questions qui méritent réponses !

La question des candidatures indépendantes pourrait être un palliatif à ce genre de situations, pour ne pas dire de désagréments. Dans ce cas, le code électoral devra être mis en cause. D’ailleurs, la constitue, elle-même, garantit le droit à l’animation de la vie politique à tout citoyen burkinabè. Sur le postulat que tous les Burkinabè sont égaux en droit, il n’y a pas de raisons de mettre des barrières pour briguer un poste électif. De ce fait, le code électoral qui se refuse à s’ouvrir aux candidatures indépendantes n’est-il pas anticonstitutionnel ?  

S’il ne l’est pas, il appartient néanmoins au pays des hommes intègres qui se veut un Etat démocratique –chose dont se ventent d’ailleurs à  tout bout de champ les premières autorités du pays- de songer à mettre cette question des candidatures indépendantes, ‘’expression l’émergence et le dynamisme de la démocratie’’, selon le président ivoirien Alassane Ouattara, sur la table des débats ? En tout les cas, le président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO a clamé, lors de sa visite dans l’Ouest ivoirien, que ‘’si une personne estime qu’elle a la capacité d’apporter quelque chose à sa commune ou à sa région et qu’elle n’a pas été retenue par son parti politique, la démocratie exige qu’elle puisse démontrer sa capacité ».

Il s’avère de plus en impérieux de revoir cette disposition du code électoral afin de permettre à tous les Burkinabè, qui qu’ils soient, de pouvoir jouir de leur droits civiques si tel est qu’ils soient vraiment égaux et aussi aux populations d’élire ceux à qui ils voudraient en toute conscience voir présider à leur destinée.

La Rédaction

 

 

 



06/05/2013
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