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RELANCE DU FOOTBALL BURKINABE:Des journalistes sportifs proposent des solutions

Depuis le samedi 10 mars 2012, l’ex-président de la section football de l’Union sportive des forces armées (USFA), le colonel Sita Sangaré, a été porté à la tête de la nouvelle équipe fédérale chargée de diriger le football burkinabè pour les 4 années à venir, avec plus de 95% des voix. Mais face aux difficultés que le football burkinabè a connues ces dernières années : la gestion des réserves dans le championnat national, l’échec des Etalons à la dernière CAN, l’affaire Hervé Zengué…  la tâche s’annonce ardue pour le successeur de Zambendé Sawadogo qui n’aura que 4 ans pour mettre de l’ordre dans la maison et donner du même coup au football burkinabè une place de choix sur l’échiquier africain et mondial. Pour y arriver, comment doit-il s’y prendre ? Quelles doivent être ses priorités ?   Nous avons donné la parole à des journalistes sportifs qui, fort de leur position de privilégiés, nous livrent leur vision des choses. 

 

Boukari Ouédraogo, Radio Campus
« La première année de son mandat devra servir à corriger les erreurs passées »


La nouvelle équipe devra relever et stabiliser le niveau du championnat national. Le championnat est la première vitrine d’un pays, même s’il est vrai qu’il y a aussi l’équipe nationale. C’est de là que viennent les joueurs. C’est donc d’abord relever le niveau du championnat, essayer d’avoir une bonne organisation pour qu’on sache quand est-ce que le championnat commence et quand est-ce qu’il prend fin. Au niveau des équipes nationales, il faut mener une politique pour qu’on puisse au moins atteindre les quarts de finale, en misant surtout sur la direction technique pour qu’on puisse avoir dans chaque région, dans chaque province et même dans chaque département un représentant de la direction technique nationale pour détecter les talents et essayer de les mettre en valeur. La première année de son mandat devra servir à corriger les erreurs passées. Ensuite, il pourra mettre à exécution son programme. Il aura donc une année de grâce. C’est à partir de la deuxième année qu’on devra l’attendre.

 

John William Somda, Fasosport
« Il n’a pas le choix, il doit tout faire »



Avec tous les problèmes qu’il y a eu, le colonel Sita Sangaré doit avoir un comportement de rassembleur. Il doit rassembler, s’entourer de toutes les équipes. Il y a beaucoup de choses à faire, car c’est une équipe jeune qui a beaucoup à prouver. Donc, s’il arrive à rassembler ses collaborateurs et même ceux-là qui avaient voulu se présenter aux élections et qui n’ont pas pu le faire, il pourra s’en sortir.
Tout est prioritaire pour lui. Et il n’a pas le choix, il doit tout faire. Cette question de moyens financiers revient sans cesse. Mais au stade où nous sommes aujourd’hui ; il va falloir qu’il s’implique dans la résolution de la question du sponsoring. Il peut s’inspirer du basketball qui s’est trouvé un sponsor dont le championnat va porter le nom. On appelle cela le « Naming ». Il faut trouver un partenaire et permettre de faire de la publicité. S’il ne trouve pas les moyens, je pense que ce sera difficile. Parlant du championnat des jeunes, il faut mettre définitivement en place un championnat de cette catégorie, sinon ce sera toujours difficile. On ne construit pas une équipe par le haut. Si ceux qui sont appelés à animer le championnat dans 5 ans ne sont pas formés, on aura un championnat médiocre.

 

Kader Traoré, L’Observateur Paalga
« Tout passe par le championnat local »



 Etant un acteur du monde du football, le colonel Sita Sangaré connaissait et connait les problèmes qui ont miné notre football burkinabè, ces quatre dernières années. C’est maintenant à lui de s’attaquer aux chantiers de développement de ce sport, à savoir l’organisation administrative de ce football, l’organisation technique et pratique sur le terrain ; et promouvoir le développement du football à la base. Si tout cela est mis en œuvre, je crois que le football burkinabè pourra connaître des lendemains meilleurs. On a tendance à croire que le football burkinabè se résume aux Etalons, alors qu’ils ne sont qu’une vitrine. Tout passe par le championnat local, le championnat de première division, celui des petites catégories… Il faut que les uns et les autres soient avertis et motivés pour développer ce championnat qui permettra à son tour d’avoir une équipe nationale forte. Le premier point sur lequel la nouvelle équipe doit travailler c’est l’organisation administrative de la Fédération burkinabè de football. Le deuxième chantier concerne le championnat des petites catégories. Il faudra que cette fédération prenne à bras le corps cet aspect et qu’elle travaille à ce qu’on ait un championnat des petites catégories. Le troisième point concerne les Etalons. Il va falloir qu’on travaille à asseoir une cohésion véritable autour de cette équipe nationale afin que les talents qui s’y trouvent puissent donner la satisfaction qu’on attend d’eux.

 

Antoine Battiono, Les Editions Le Pays
« Il faut réorganiser le fonctionnement même de la structure fédérale»



Il faut mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Leur confier des responsabilités et ne pas empiéter sur leur tâche. C’est-à-dire de les laisser travailler tout en les évaluant, en leur demandant des comptes. Il faut faire en sorte qu’ils se mettent sérieusement au travail. En clair, il faut réorganiser le fonctionnement même de la structure fédérale, revoir la configuration des différentes commissions, faire en sorte qu’elles jouent leur rôle. C’est ce qui va permettre aux compétitions locales comme le championnat de repartir sur un bon pied. Il faut donc une réorganisation réelle des compétitions locales. Au niveau de l’équipe nationale, il (le président Sita Sangaré, ndlr) a parlé de manager général. C’est bien, mais il faut que ce soit un homme qui a de la personnalité et qui peut s’imposer au niveau des joueurs et des encadreurs, qu’il soit la courroie de transmission entre les joueurs, l’encadrement technique et des dirigeants. Il faut faire en sorte qu’il y ait une certaine rigueur, un certain professionnalisme. Car même si nous n’avons pas encore atteint le niveau de Ligue professionnelle de football, nous devons être professionnels dans la tête, dans l’organisation, dans le fonctionnement. Il faut en même temps rechercher les financements.

 

Moussavou Hamidou Billa, Canal 3
« S’il y a beaucoup de personnes qui sont dégoûtées du football burkinabè, c’est parce qu’il ne répond pas aux attentes des gens »


Le plus urgent, c’est de mettre les Ligues  dans le bain de la chose. Mais permettre surtout un bon démarrage et un bon déroulement du championnat national. S’il y a beaucoup de personnes qui sont dégoûtées du football burkinabè, c’est parce que le championnat burkinabè ne répond pas aux attentes des gens. Maintenant qu’on passe à vingt clubs, le plus urgent c’est d’aider non seulement  les clubs à se structurer eux-mêmes, à  structurer la fédération et à activer surtout les commissions qui font le travail pour mettre en place un très bon championnat de football. C’est, à mon avis, la première priorité. La deuxième priorité c’est les jeunes. Il faut structurer les jeunes, il faut arriver à mettre en place un championnat des petites catégories. Il faut amener les clubs à avoir des petites catégories. Seul un championnat de petites catégories pourra nous permettre d’assurer la relève. Pour ce qui concerne les Etalons, l’équipe A, comme l’équipe espoir, junior ou cadet, c’est que l’engouement national est déjà là. Pour ce qui est des clubs, il faut que le championnat national démarre. C’est là que Sita Sangaré et toute son équipe doivent mettre l’accent pour donner aux gens l’envie de revenir sur les stades.


Propos recueillis par Philippe Bouélé BATIONO




14/03/2012
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